Le Journal du Vin


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Alsace

Le vignoble d’Alsace s’étend de Strasbourg à Mulhouse et autour de Wissembourg. Il produit essentiellement des vins blancs - 18% de la production française de vins blancs AOC hors effervescents. C’est, grâce à son histoire et à sa situation géographique, un vignoble bien particulier, au carrefour des influences germaniques et romanes.

Une mosaïque de terroirs variés

La région de production, qui couvre 15 500 hectares du nord au sud, s’étend sur 170 kilomètres des contreforts vosgiens au rebord de la plaine du Rhin à l’est, entre 170 et 470 mètres d’altitude. Le vignoble est abrité des influences océaniques, du vent et de la pluie, par le massif vosgien et bénéficie donc d’un climat semi-continental, chaud et sec en été avec une faible pluviométrie en comparaison des autres régions viticoles françaises. Les vignes situées sur les pentes en hauteur bénéficient d’un ensoleillement maximal.
La géologie alsacienne offre une mosaïque de terroirs variés : à base de granit ou de calcaire, de schiste, de grès, ou bien d’argile, ce qui donne une grande complexité aux vins d’Alsace.
Ces données géographiques se marient avec une histoire originale. La culture de la vigne a été importée par les Romains dans ce qui faisait alors partie de leur province de Germanie supérieure ; mais elle a véritablement connu son essor du temps de l’expansion des ordres monastiques du Saint Empire germanique au Haut Moyen-Âge, avec le Rhin comme voie d’échanges. Après que la province a été ravagée par la Guerre de Trente Ans, les vignobles ont connu une renaissance progressive. Au 19e siècle, la réputation des vins d’Alsace a même atteint les cours européennes. Cependant il a fallu attendre 1962 que la première AOC Alsace voit le jour, couronnant des années d’efforts avec une meilleure répartition des aires de production.

Le royaume des grands blancs
Les cépages que l’on retrouve en Alsace participent de l’identité forte de la région. Le riesling (3 400 hectares), dont le Rhin est le berceau, donne des vins racés et complexes ; le gewurztraminer (environ 3 000 hectares) donne des vins riches et généreux et, lorsqu’il est vendangé tardivement, des moelleux et des liquoreux d’une grande complexité aromatique ; le pinot gris (environ 2 400 hectares), appelé autrefois tokay d’Alsace et adapté aux terrains calcaires, développe des notes fumées typiques ; le sylvaner (environ 1 400 hectares), planté sur des sols légers et caillouteux, donne quant à lui des vins plutôt frais et légèrement aromatisés. Le pinot blanc, appelé ici klevner, donne pour la majeure partie du crémant d’Alsace. Le muscat et le chardonnay sont confidentiels, ainsi que le savagnin rose pour le Klevener de Heiligenstein. Le pinot noir (1 500 hectares) est l’unique cépage cultivé pour les vins rouges ou rosés.



L’excellence des Grands Crus
L’AOC Alsace représente 74% de la production, dont 92% en blanc. Ces vins sont de plus en plus appréciés par une clientèle choisie, aussi bien en France qu’à l’étranger. L’AOC Alsace Grands Crus (depuis 1975 et appliquée à partir du millésime 1983) représente 4% de la production ; elle concerne 51 lieux-dits ou terroirs historiques, hérités du savoir-faire des moines et de grands domaines seigneuriaux. Selon le cahier des charges de l’AOC Alsace Grand Cru, seuls les trois cépages nobles alsaciens (riesling, gewurztraminer et pinot gris) peuvent être utilisés, auxquels on peut ajouter le sylvaner et les trois variétés de muscat local. Certains Grand Crus ajoutent encore des contraintes, comme Zotzenberg, Altenberg de Bergheim ou Kaefferkopf.
Ainsi la région évolue sans cesse à la recherche de toujours plus de qualité et de rigueur. Par exemple, la part du gewurztraminer augmente et la proportion de terroirs soigneusement exploités également. Les Grands Crus visent à exprimer toujours plus haut, toute la finesse et le fruité de leurs vins, parfois d’une grande longévité. Les noms d’Altenberg, Eichberg, Kitterlé, Rosacker, etc. évoquent l’excellence de ces terroir.