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Le petit verdot

Le petit verdot serait-il encore de ce monde si les viticulteurs médocains n’avaient résisté envers et contre tout à son extinction programmée ? On peut encore en douter. Heureusement, le petit verdot, cépage noir hautement qualitatif et bien bordelais, n’est plus en voie de disparition, et les replantations sont désormais nombreuses.
Comme son cousin le gros verdot, bien disparu celui-là, le petit verdot était très abondant dans le Médoc au 19e siècle. Mais sa maturité tardive, ses rendements médiocres et sa sensibilité à l’oïdium ont découragé de nombreux producteurs. Une poignée d’irréductibles, convaincus de ses qualités, a tout de même résisté, d’autant plus que l’arrivée d’un nouveau clone qualitatif, la recherche de meilleurs porte-greffe, et plusieurs millésimes de grande chaleur avaient largement remis en lumière ses grands mérites. On ne s’étonne plus aujourd’hui de trouver 10% de petit verdot dans l’assemblage final de Château Margaux, Gruaud Larose, Siran ou Kirwan.
Aujourd’hui, le petit verdot a retrouvé un regain de faveur qu’il doit certainement au réchauffement climatique. Il donne des vins très colorés, avec de beaux tanins, des arômes épicés et apporte du fond, en bonne association avec merlot et cabernets. Plusieurs crus du Médoc, bourgeois et classés, ont récemment planté du petit verdot, dans les terroirs chauds qui lui conviennent. Les Graves s’y intéressent aussi, comme plusieurs autres appellations en Gironde et en France. Il n’est plus donc si petit que ça…